Aérosols

Les Aérosols sont des particules solides ou liquides en suspension dans l'air (0,001 à 100 µm). Leur taille détermine la fraction qui pénètre dans les voies respiratoires (inhalable, thoracique, respirable) et le mécanisme de déposition. L'échantillonnage utilise des pompes et filtres calibrés selon la fraction visée. En mine, la silice cristalline respirable est l'aérosol prioritaire.

Définitions et classification

Un aérosol est une particule solide ou liquide en suspension dans l'air, de 0,001 à 100 µm. En milieu industriel, les aérosols sont polydispersés (tailles variées). L'ordre de grandeur typique est illustré ci-dessous.

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Type Source Exemples
Poussière Désintégration mécanique d'un solide Roche, charbon, bois
Fumée solide Condensation de vapeurs ou produits de combustion Fumées de soudage, DPM
Brouillard Condensation de vapeurs de liquide Brouillard d'acide
Nébulisat Nébulisation mécanique d'un liquide Peinture, huile de coupe, brouillard de forage
Fibres Longueur > 3x diamètre Amiante, fibre de verre
Bioaérosols Origine biologique Bactéries, moisissures, voir Bioaérosols
Nanoparticules 1 à 100 nm Voir Nanoparticules

Les particules industrielles présentent une grande diversité de formes.

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Propriétés physiques

  • Concentration massique : quantité par volume (mg/m³).
  • Concentration numérique : nombre de particules par volume (utilisée pour les fibres, en fibres/cm³).
  • Distribution de taille : caractérise la grosseur des particules.

Le diamètre aérodynamique est la propriété centrale pour prédire le comportement d'une particule.

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La vitesse de chute des particules dépend de leur taille et de leur densité.

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En milieu réel, la distribution de taille suit typiquement une loi log-normale.

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Fractions normalisées (ISO 7708, ACGIH)

  • Inhalable (Pi) : particules entrant par le nez et la bouche (< ~100 µm).
  • Thoracique (Pthor) : pénètrent au-delà du larynx (< ~25 µm).
  • Respirable (Pr) : atteignent les alvéoles (< ~10 µm, médiane 4 µm).

Mécanismes de déposition

Cinq mécanismes interviennent dans la déposition pulmonaire.

Coupe d’une bronche qui se divise en deux, avec le flux d’air en bleu. Cinq particules finissent contre la paroi : sédimentation (chute par gravité), impaction sur la pointe de la bifurcation (inertie), interception (touche la paroi en passant), diffusion en zigzag d’une très fine particule, et interactions électrostatiques (particule chargée déviée vers la paroi).Toucher l'image pour l'agrandir

Les cinq mécanismes de la liste qui suit, réunis sur une même bifurcation. Leurs positions sont schématiques : elles ne disent pas où chaque mécanisme domine.

D’après la liste des cinq mécanismes de cette page (section « Mécanismes de déposition ») et la page Toxicité du système respiratoire (« Diffusion brownienne », « Particules chargées »). Positions, trajectoires et grosseurs des particules sont schématiques, pas à l’échelle ; le seul chiffre est celui de la page pour la diffusion.

  1. Sédimentation : chute par gravité (taille, masse, forme).
  2. Impaction : capture par inertie aux changements de direction (vitesse de l'air).
  3. Interception : la particule touche une surface en passant.
  4. Diffusion : très fines particules, < 1 µm.
  5. Interactions électrostatiques.

Le système respiratoire se divise en trois zones et chaque fraction atteint une zone caractéristique.

Silhouette de profil dont les voies respiratoires sont découpées en trois zones : voies aériennes supérieures, région trachéo-bronchique, région alvéolaire. Trois flèches partent devant le nez et la bouche : celle de la fraction inhalable reste dans la première zone, celle de la thoracique franchit le larynx et arrive dans la région trachéo-bronchique, celle de la respirable descend jusqu’aux alvéoles.Toucher l'image pour l'agrandir

Chaque fraction se définit par l’endroit qu’elle atteint : l’inhalable entre par le nez et la bouche, la thoracique pénètre au-delà du larynx, la respirable atteint les alvéoles. Le schéma ne donne aucune taille : celles du texte sont approximatives, et l’on passe d’une fraction à l’autre sans coupure nette.

D’après cette page (fractions normalisées ISO 7708 et ACGIH, trois zones du système respiratoire) et la page Toxicité du système respiratoire (voies aériennes supérieures, trachée et bronches, alvéoles). Notations Pi, Pthor et Pr : RSST, annexe I, notes et définitions. Schéma simplifié, sans tailles ni échelle.

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Les notations RSST associées à ces fractions sont rappelées ci-dessous.

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Effets sur la santé

Évaluation et échantillonnage

Pompe et filtre

  • Pompe spéciale, calibrée, à débit constant.
  • Filtre adapté (MCE, PVC, fibres de verre) selon l'analyse subséquente.
  • Volume d'air = débit (L/min) x durée (min).
  • Concentration = masse / volume.

Le RSST mentionne certaines méthodes basées sur la technique de prélèvement, avec leurs limites.

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Sélection de fraction

  • Cyclone pour la fraction respirable.
  • Cassette IOM pour la fraction inhalable.
  • Impacteur en cascade pour la distribution de taille.

Dispositif d'échantillonnage de la fraction thoracique selon l'ACGIH.

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Instruments à lecture directe

  • Comptage de particules optique.
  • Utile pour évaluation exploratoire, ne remplace pas les méthodes IRSST.
  • Demande un étalonnage spécifique au milieu.
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Échantillons de surface

  • Frottis (wipe samples).
  • Pas de correspondance directe avec l'exposition aéroportée.
  • Critères existants pour plomb, béryllium et certains autres métaux.

Moyens de contrôle

Suivre la Hiérarchie des moyens de prévention

  • Substitution (procédés humides, billes de verre vs sable).
  • Ventilation locale à la source.
  • Encoffrement, automatisation.
  • Bonnes pratiques (humidification, nettoyage HEPA, proscription de l'air comprimé pour le nettoyage).
  • Protection respiratoire (APR) adapté à la fraction (P100, N95, etc.).

Application terrain

Aérosols dominants en mine

Aérosol Origine Particularités
Programme de prévention silice cristalline respirable Forage, sautage, concassage, Manutention (hub) C2, EM ; VEMP 0,05 mg/m³
DPM (carbone élémentaire) Engins diesel Très fines particules, biomarqueur = EC
Poussières métalliques (Pb, Cd, Ni, As) Fonderies, traitement de minerai Surveillance biologique des métaux en mine pertinente
Brouillards d'huile et de forage Foreuses, ateliers Notation Pc possible
Fumées de soudage Ateliers mécaniques Cr VI, Mn selon procédé
Amiante Bâtiments anciens, certaines roches Voir Amiante

Contrôles privilégiés en mine

  • Forage humide (eau injectée à la couronne).
  • Captation sur perforatrice (système intégré, fabricant).
  • Confinement et arrosage des piles de minerai.
  • Cabines pressurisées et filtrées sur engins (HEPA + charbon actif).
  • Ventilation auxiliaire en cul-de-sac.

Ressources

Document Type Source
Guide T-06 Guide technique IRSST
Manuel des méthodes analytiques Référence NIOSH (NMAM)
Fiches silice cristalline Fiches IRSST, NIOSH, MSHA
ISO 7708 Norme ISO

Articles wiki connexes

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