Cohésion d'équipe

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La cohésion d'équipe, c'est ce qu'on appelle couramment l'esprit d'équipe : le degré d'entraide, de collaboration et de liens qui tient un groupe de travail ensemble. Au Québec, elle fait officiellement partie de l'un des sept facteurs de risque psychosociaux reconnus, et en mine, où les équipes sont petites et parfois isolées pendant des semaines, elle se dégrade selon un scénario prévisible.

Définition

La cohésion du groupe de travail est une composante du facteur de risque « soutien social insuffisant » dans le cadre québécois de l'INSPQ. L'indicateur porte sur « l'importance de l'aide et de la collaboration des collègues ainsi qu'au degré de cohésion dans le groupe de travail (esprit d'équipe) » INSPQ (2021a) - Les 7 indicateurs officiels de risques psychosociaux au Québec. Le soutien social insuffisant est l'un des sept facteurs de risque psychosociaux du cadre, aux côtés des exigences psychologiques, de la latitude décisionnelle, de l'insécurité d'emploi, de la reconnaissance, des conflits de valeurs et de la conciliation travail-vie personnelle INSPQ (2021a) - Les 7 indicateurs officiels de risques psychosociaux au Québec. En recherche sur les environnements isolés, confinés et extrêmes, la cohésion d'équipage est explicitement listée comme l'un des trois domaines d'enjeux interpersonnels, avec la tension et le conflit d'une part, les relations et le soutien social d'autre part Palinkas et Suedfeld (2021).

Comment la cohésion se dégrade en équipe isolée

Une synthèse de 50 ans de recherche sur les équipages isolés décrit quatre phases d'adaptation qui reviennent dans tous les milieux étudiés, des stations polaires aux mines isolées Palinkas et Suedfeld (2021) :

  • Phase 1, lune de miel : enthousiasme, camaraderie, coopération forte, peu de conflits.
  • Phase 2, ajustement : la réalité s'impose, la fatigue apparaît, les petits agacements s'amplifient et la cohésion initiale vacille.
  • Phase 3, tension : conflits intensifiés, formation de cliques, accumulation de ressentiment, empathie réduite.
  • Phase 4, réorganisation : soit résolution et fonctionnement mature, soit dysfonctionnement persistant.

L'isolement et le confinement prolongés augmentent la tension sociale, qui s'exprime tantôt en antagonisme ouvert, tantôt par du retrait social, et mène finalement à une baisse de la cohésion Palinkas et Suedfeld (2021). L'amplification est d'autant plus forte que l'équipe est petite : une configuration à deux personnes est le pire cas, parce que l'évitement y est impossible et qu'un désaccord ne peut pas être contourné Palinkas et Suedfeld (2021). Les conflits interpersonnels y sont d'ailleurs quasi universels, rapportés dans 80 à 100 % des équipages, contre environ 40 % en milieu de travail ordinaire Palinkas et Suedfeld (2021).

Ce qui alimente ou étouffe la cohésion

La circulation d'information entre pairs est l'un des carburants de la cohésion. La communication latérale, celle qui va d'un travailleur à l'autre et d'une équipe à l'autre, agit sur le climat par la cohésion d'équipe et le soutien social, en plus de servir la coordination et la sécurité Communication latérale. Ses obstacles les plus fréquents sont les silos organisationnels, la compétition interne, la distance physique entre sites ou entre quarts, l'absence de canal dédié, la surcharge et les conflits non résolus Communication latérale. À l'inverse, les réunions d'équipe régulières, les rituels de transition de quart, les espaces communs et les programmes de jumelage lui donnent un cadre Communication latérale. La reconnaissance de la collaboration compte aussi : valoriser uniquement la performance individuelle installe une culture du chacun-pour-soi Communication latérale.

Application terrain

En mine souterraine, les équipes de chantier comptent souvent de 2 à 6 personnes sans alternative sociale possible, et cette proximité forcée produit des tensions d'équipe Travail en mine souterraine, facteurs psychosociaux spécifiques. Le souterrain n'invente pas de nouveaux risques psychosociaux, il amplifie ceux qui existent, notamment en limitant le soutien social pendant le quart par la difficulté de communiquer Travail en mine souterraine, facteurs psychosociaux spécifiques. Le levier organisationnel identifié est direct : maintenir une composition stable des équipes pour favoriser la cohésion, et structurer la communication pendant les quarts par des briefings et des points de contact Travail en mine souterraine, facteurs psychosociaux spécifiques.

En camp, les activités de cohésion sans alcool font partie des leviers d'équipe pour renforcer le soutien social, aux côtés du jumelage et du parrainage des nouveaux Soutien social au travail. En rotation FIFO, la fenêtre à surveiller est le milieu de séjour. Sur un cycle de 20 jours, la phase de tension maximale est attendue autour des jours 11 à 18, ce qui en fait le moment le plus utile pour un contact proactif Palinkas et Suedfeld (2021). Faire tourner les coéquipiers ou élargir une dyade en trio réduit aussi le coefficient d'amplification des frictions Palinkas et Suedfeld (2021).

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